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Par Bertrand Bissuel
Le 24 mars 2016 à 18h05
Mis à jour le 24 mars 2016 à 18h11

Le nombre de demandeurs d’emplois sans aucune activité s’est accru de 38 400 en métropole, soit la plus forte augmentation depuis septembre 2013
Le mouvement de yoyo n’en finit pas de se poursuivre. Après avoir nettement baissé en janvier, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) est reparti – encore plus vivement – à la hausse en février, passant d’un peu plus de 3,552 millions à 3,591 millions en métropole, soit un accroissement de 38 400 qui efface le recul observé le mois précédent (près de -28 000), selon les statistiques publiées, jeudi 24 mars, par le ministère du travail et par Pôle emploi. Il faut remonter à septembre 2013 pour retrouver une progression plus soutenue (+53 200). Un très mauvais résultat qui tombe le jour où a été présenté en conseil des ministres le projet de loi « travail », dont l’un des objectifs est précisément de s’attaquer aux causes structurelles du chômage. Cruel télescopage pour le gouvernement.

Cette contre-performance doit toutefois être relativisée. Car dans le même temps, le nombre de personnes à la recherche d’un poste, qui ont travaillé en février, a reflué : de 0,4 % pour ceux qui ont fait 78 heures ou moins pendant le mois écoulé (catégorie B) et de 2,7 % pour ceux qui ont fait plus de 78 heures (catégorie C). Ces évolutions divergentes (entre la catégorie A et les catégories B et C) peuvent laisser supposer que des personnes, déjà inscrites à Pôle emploi, ont été comptabilisées dans une « case » différente, entre janvier et février. La ministre du travail, Myriam El Khomri, met d’ailleurs en avant cette explication, dans un communiqué diffusé jeudi : l’augmentation de 38 400 résulte « en très grande partie par la bascule en catégorie A » de demandeurs d’emplois qui exerçaient une activité réduite, « les mois précédents ».

Autre mauvaise nouvelle : les moins de 25 ans, sans aucune activité, qui recherchent du travail, ont été un peu plus nombreux en février (+0,5 %), alors que leurs effectifs décroissaient depuis des mois. « Cette évolution mensuelle ne remet pas en cause la baisse que nous observons depuis plus d’un an (-4,5 %) », considère Mme El Khomri. Les autres tranches d’âge sont, elles aussi, touchées (+1,3 % pour les 25-49 ans et +0,9 % pour les plus de 50 ans, sur un mois).

L’autre gros point noir à signaler concerne, une fois de plus, les personnes à la recherche d’un emploi depuis au moins un an (+0,3 % en un mois, pour celles qui relèvent des catégories A, B et C, dans l’Hexagone ; +8,5 % sur un an). L’envolée est encore plus forte pour celles qui sont au chômage depuis au moins trois ans (+0,5 % en un mois ; +14,1 % sur un an).

« A quel moment ça va redescendre durablement ? »

Depuis la fin du printemps 2015, les données de Pôle emploi (pour la catégorie A) évoluent en dents de scie : un mois, elles baissent ; le mois d’après, elles s’accroissent. Un mouvement qui traduit « une reprise timide de l’activité économique », selon Mme El Khomri.

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