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Vendredi 30 Janvier 2015 10:06

Entreprise cherche senior désespérément

La Rédaction Judith Mayencourt, cheffe de la rubrique Suisse, analyse la portée de l'offensive du Conseil fédéral et des patrons en faveur des plus de 50 ans.



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Judith Mayencourt

C’est une offensive de charme comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. A quelques jours du message du Conseil fédéral sur la mise en œuvre du 9 février, les milieux économiques font les yeux doux aux femmes, aux plus de 50 ans, aux handicapés, aux invalides, aux étrangers établis en Suisse, bref à tous les mal-aimés du marché du travail. Alors que le robinet de l’immigration devrait se resserrer, les réserves de main-d’œuvre, ce sont eux!

D’employés de deuxième choix – soupçonnés d’être par essence trop coûteux, pas assez mobiles, trop souvent absents, moins productifs, mal intégrés ou que sais-je encore – les voici parés de mille vertus, la première étant d’être disponibles et non contingentés! Le moment est venu de dépasser les préjugés, lançait il y a une semaine le président de l’Union patronale suisse.

«Les clients âgés et aisés préfèrent être servis par des gens de leur âge. Question de confiance»

Les plus chouchoutés? Les seniors. Les organisations patronales en sont convaincues – et c’est assez nouveau: leurs connaissances et leur expérience sont parfois sous-exploitées! Elles vont donc lancer une opération de sensibilisation à l’attention des entreprises. Le temps n’est plus aux restructurations à coups de retraites anticipées. Au contraire, il faut essayer non seulement de garder les seniors jusqu’à 65 ans, mais aussi de les retenir au-delà de cette limite officielle.

En effet, il y a urgence – et elle tient non seulement au frein à l’immigration, mais aussi aux changements démographiques. Les premiers baby-boomers sont désormais sexagénaires. Et leur départ à la retraite va brutalement déséquilibrer la pyramide des âges au sein des entreprises. Les CFF s’arrachent déjà les cheveux pour parer au manque de conducteurs de locomotive. Migros, Novartis et d’autres ont déjà mis sur pied des programmes d’aménagement du temps de travail pour les plus de 65 ans.

Pour aider à la prise de conscience, Avenir Suisse publie dans la foulée une étude décoiffante sur le travail des seniors. Côté soleil, les plus de 50 ans sont un atout indéniable pour les patrons. Ils connaissent l’entreprise, y sont bien intégrés et le risque de les voir filer à la concurrence est peu élevé. Mieux encore: pour les contacts avec la clientèle, ils sont un gage de sérieux. Qu’il s’agisse de conseil financier, d’achat d’appareils ou de rénovation de bâtiment, les clients âgés et aisés préfèrent être servis par des gens de leur âge. Question de confiance.

Côté ombre: la réserve de travail des seniors est bien plus mince que ce que l’on imagine. Le taux de chômage des plus de 55 ans est plus bas que celui de leurs collègues plus jeunes. Et près de 66% des entreprises actives en Suisse emploient déjà des gens au-delà de l’âge légal de la retraite. Comme si la fameuse révolution des consciences, prônée par les organisations patronales, avait déjà eu lieu…

(24 heures)

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Judith Mayencourt (Photo: DR)

La Suisse le senior est un être humain en France une bouse de vache

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