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Une étude du Centre international suisse pour les études monétaires et bancaires pointe une dette qui continue d'augmenter et une population en âge de travailler bientôt en baisse



Le monde pourrait bientôt connaître une nouvelle crise financière majeure, identique à celle de 2008. C'est la conclusion du "rapport de Genève", publié lundi par le Centre international pour les études monétaires et bancaires (IMCB, son acronyme en anglais).



Ses auteurs, qui affirment être "indépendants", "non-partisans" et "ne pas avoir de visée politique", listent les indices annonciateurs selon eux de l'éclatement d'une bulle financière.



Des pays de plus en plus endettés



Donnée la plus importante à leurs yeux : la hausse constante de la dette globale (qui combine dette publique et privée), passée de 180 à 213% du PIB mondial, et à 257% rien que pour la zone euro.







La dette globale des pays européens est à un niveau plus élevé aujourd'hui qu'en 2008© Photo capture d'écran - rapport



Problème, cette dette coûterait de plus en plus cher. Les auteurs "indiquent en effet que les actifs bancaires de la zone euro s'effondrent depuis 2011, tandis que les obligations d'État crèvent le plafond", analyse le quotidien économique La Tribune.



D'autant que les pays seront au fil des années de moins en moins armés pour résorber cette dette en raison d'une faible croissance, notamment en raison d'une démographie qui s'annonce à la baisse.



Moins de demande



"Les auteurs projettent que la population âgée de 15 à 64 ans (celle en âge de travailler) s'effondrerait de 40 millions d'habitants sur les 30 prochaines années", relaie La Tribune. Moins de travailleurs donc moins de cotisants, mais plus de retraites à payer avec une espérance de vie qui n'en finit pas de s'allonger.



Surtout, cela induirait une baisse de la demande globale, ce qui pénaliserait la croissance et donc le remboursement des dettes. "Il est évident qu'une forte dette augmente la vulnérabilité face au risque de crise financière", notent les auteurs, qui parle d'une "combinaison toxique".



"Combinaison toxique"



Le risque de début de crise serait particulièrement fort dans les pays émergents (Chine, Brésil...), dont la dette augmente plus vite que dans les pays développés. "Dans ma carrière, j’ai vu beaucoup de soi-disant « miracles économiques » - Italie, Japon, Irlande, Espagne, et maintenant la Chine - et tous se sont achevés sur une montagne de dettes", a expliqué Luigi Buttiglione, l'un des auteurs du rapport, au quotidien économique anglais The Guardian.



Les conclusions du rapport sont à mettre en parallèle avec les prédictions de Dominique Strauss-Kahn qui, lors d'une conférence il y a un an, annonçait "une faible croissance qui ne crée pas d'emplois, pendant de longues années".

Une étude du Centre international suisse pour les études monétaires et bancaires pointe une dette qui continue d'augmenter et une population en âge de travailler bientôt en baisse