Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les partenaires sociaux sont parvenus à s’entendre pour réouvrir la négociation sur l’assurance-chômage, interrompue en juin dernier. L’occasion, peut-être, de remettre sur la table l’idée d’un abondement supplémentaire sur les comptes personnels de formation des seniors sans emploi qui avait déjà été avancée lors des discussions antérieures. La dernière séance de négociation est prévue le 28 mars.

 

Après presque neuf mois d’attente, la négociation annuelle sur l’avenir de l’Unedic a donc repris, le 14 février. Patronat et syndicats ont accepté de se rasseoir à la même table pour tenter de parvenir à un accord sur le régime de l’assurance-chômage dont la trésorerie accuse un déficit annuel de plus de 4 milliards d’euros assorti d’une dette de 30 milliards.

Une méthode de négociation inédite

A l’issue de la réunion préparatoire du 14 février, les partenaires sociaux ont planifié un agenda resserré prévoyant quatre séances de discussions les 7, 14, 23 et 28 mars prochains. Côté syndicats, on attend avec impatience – et quelques réserves – le texte que la délégation patronale, menée par Alexandre Saubot, président de l’IUMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) et chargé du pôle social du Medef, posera sur la table à ce moment-là. Pour l’heure, tous les paris sont ouverts sur son contenu, mais les négociateurs se sont déjà mis d’accord sur une méthode de négociation inédite. « Chaque séance de discussion sera l’occasion d’étudier un point précis de la négociation », explique Michel Beaugas, chef de file Force Ouvrière : « D’habitude, on étudiait le texte en bloc à chaque réunion, mais cette fois, le calendrier ne nous le permettra pas. »

Il faudra donc s’attendre à quelques séances particulièrement animées, notamment lorsque les sujets « chauds » de la négociation que sont le dossier des contrats courts et celui de l’indemnisation des seniors arriveront sur la table. Concernant ce dernier point, les heurts entre patronat et syndicats portaient essentiellement sur la durée maximale d’indemnisation des seniors sans emploi. En effet, à l’heure actuelle, les chômeurs de plus de 50 ans disposent d’un régime plus protecteur que celui des autres actifs puisqu’ils peuvent prétendre à 36 mois d’indemnités au lieu de 24. Une véritable pomme de discorde pour les partenaires sociaux puisque la partie patronale souhaitait, jusqu’à juin dernier, économiser 1 milliard d’euros en rendant ce régime accessible uniquement à 52 ans, ce qu’avaient alors fermement refusé les syndicats.

600 heures de formation pour les seniors sans emploi ?

Mais au cours de la discussion, plusieurs organisations avaient avancé des pistes pour imaginer des compensations pour les seniors qui se retrouveraient hors des limites des nouveaux curseurs. Le Medef avait ainsi entrouvert la porte à l’idée d’abondements supplémentaires au CPF de ces demandeurs d’emploi âgés afin de leur permettre de bénéficier de formations de reconversion de longue durée. Une idée saisie au bond par certaines organisations syndicales. « Nous sommes prêts à déplacer le curseur de 50 à 52 ans pour qu’il entre en phase avec l’âge de départ à la retraite. Mais en échange, nous exigeons des abondements au CPF équivalant au moins à une formation longue suffisante pour permettre un changement de métier ou d’activité », prévient Eric Courpotin, le négociateur CFTC.

Même son de cloche à FO, où l’abondement suggéré pourrait s’élever à 600 heures versées sur les CPF des seniors sans emploi. Mais pour la centrale de l’avenue du Maine, la question du déplacement de curseur à 52 ans crispe encore. Du côté des autres organisations syndicales et patronales, le flou sur cette question prédomine encore et rien ne transpire de la tournure que prendront les discussions. « Pour l’instant, c’est surtout le dossier des contrats courts qui préoccupe tout le monde », indique-t-on dans la délégation patronale. Plusieurs bilatérales syndicats-patronat sont prévues à l’agenda durant les prochaines semaines en attendant le premier round de cette négociation à hauts risques.