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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, l'impact économique du vieillissement en Europe. Newsletter Inscrivez-vous à la newsletter : L'Actu du Jour OK Le vieillissement de la population est un phénomène mondial, mais c'est au Japon et en Europe qu'il est le plus avancé. L'un des marqueurs de ce vieillissement, c'est l'avancée de l'âge médian qui divise la population en deux groupes égaux : la moitié est plus jeune, l'autre moitié plus âgée. En moins de 30 années, il est passé de 34 à 42 ans dans l'Union européenne. Au cœur de cette évolution, l'augmentation de l'espérance de vie et un niveau de fécondité inférieur au seuil de renouvellement des générations. Cette dynamique démographique va persister, et selon les projections d'Eurostat, l'âge médian dépassera 45 ans d'ici 2030.

Les implications profondes de ce vieillissement

Pour le déterminer, le plus simple c'est encore d'analyser les mécanismes par lesquels la démographie influe sur l'économie. Le premier : la taille de la population active. C'est le déterminant pivot de la croissance. La production d'un pays c'est (pour simplifier à l'extrême) la combinaison de deux facteurs : le capital et le travail. Si la population active baisse, le facteur travail que l'on peut mettre dans la production va diminuer et avec lui la croissance. Or, selon Eurostat, la population en âge de travailler (les 15 - 64 ans) va reculer d'un peu plus de 5% entre 2014 et 2030. C'est mécaniquement 0,3 % de croissance annuelle en moins par rapport à un scénario de stabilité de la population. Bien sûr, la productivité peut venir compenser cette baisse, sauf que nous n'en prenons pas le chemin. La baisse de la population active pèse aussi sur les équilibres financiers de la protection sociale, et en particulier ceux du système de retraite par répartition et de la santé. Deux besoins qui augmentent par nature plus vite que le PIB et dont le financement rogne de plus en plus le revenu et la consommation des actifs. Deuxième mécanisme en jeu : le taux d'épargne. Selon la théorie du cycle de vie de Modigliani, les individus adoptent des comportements d'épargne différents en fonction de leur âge pour lisser leurs revenus au cours de leur vie. D'abord, ils s'endettent pour s'équiper, puis ils épargnent pour rembourser et se constituer un patrimoine. Et enfin, ils liquident ce patrimoine lorsqu'ils arrêtent de travailler. Si bien que le taux d'épargne d'un pays dépend de sa structure par âge. Et c'est là que le bât blesse. Car c'est la catégorie d'âge qui épargne qui gagne du terrain aujourd'hui. Une épargne en quête d'investissement, mais pas sur le territoire européen, faible croissance et faible accumulation obligent. Elle cherche ses rendements ailleurs, produisant un excédent structurel de la balance courante.

Les rentiers du monde

Une économie vieillissante devient en somme rentière du reste du monde. Et quand il y a décalage des processus de vieillissement, comme aujourd'hui en Europe entre l'Allemagne et la France (5 ans environ séparent l'âge médian de ces deux économies), les déséquilibres régionaux internes s'ajoutent aux pressions déflationnistes générées par le déficit de demande. Faible croissance potentielle, déséquilibres bilatéraux, déflation, le vieillissement semble bien l'une des clés de compréhension de l'histoire récente de la zone euro.

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