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Manuel Valls, Ségolène Royal ou encore Alain Juppé assisteront au forum de l’économie positive organisé du 24 au 26 septembre au Havre par Jacques Attali. Pour le fondateur de PlaNet Finance, il est urgent que la France place l’intérêt des générations futures au cœur de ses politiques publiques.

Explications. Les générations futures sont-elles sacrifiées en France ?

Nous devons comprendre que notre intérêt d’aujourd’hui dépend des générations suivantes.

Si nous avions mieux anticipé les problèmes de dette, d’environnement, d’éducation, etc., nous n’en serions pas là. L’anticipation doit devenir une contrainte auto-imposée de la décision publique.

Nous avons élaboré un indice qui mesure, au moyen de 29 indicateurs, le degré de « positivité » d’un pays, autrement dit sa capacité à prendre en compte l’intérêt des générations futures. La France se classe à la 19e place sur l’ensemble des pays de l’OCDE. Quels sont les Etats qui intègrent le mieux le long terme ? Les pays d’Europe du Nord comme la Norvège, avec son fonds souverain, la Suède, qui a très bien anticipé avec sa gestion de la crise financière de 1993, la Suisse… La Chine, aussi, raisonne à long terme grâce à une élite qui pense à trente ou quarante ans. C’est le cas également de certains pays du Golfe, qui commencent à comprendre que la rente n’est pas éternelle.

Pourquoi la France est-elle moins bien classée ?

Notre classe politique a cédé depuis vingt ans à la tyrannie du court terme. Le quinquennat a été une erreur majeure à mes yeux. La France est un pays qui préfère la sédentarité au nomadisme, la rente au profit. Tout le monde veut une rente ! Il y a plusieurs manières de changer les choses.

Je propose par exemple une réforme institutionnelle qui transformerait le Conseil économique, social et environnemental en Conseil des générations futures. Tout projet de loi, avant le vote au Parlement, devrait être soumis à ce Conseil comme il l’est au Conseil d’Etat. Et, dans le cas où le Parlement ne suivrait pas les demandes du Conseil des générations suivantes, il pourrait y avoir un recours devant le Conseil constitutionnel. Mais je propose aussi des réformes au niveau des entreprises, avec par exemple des droits de vote proportionnels à la durée de détention des actions. Les leviers existent. L’important, c’est de donner du pouvoir aux générations futures en comprenant bien que c’est aussi notre intérêt d’aujourd’hui. N. Ba., Les Echos

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