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VIDÉO - C'est l'avis de Carlos Slim, magnat des télécoms mexicains et deuxième plus grosse fortune mondiale. Il estime que le monde du travail a besoin d'une «réforme radicale».

Et si nous avions tout faux dans notre manière de concevoir le travail aujourd'hui? C'est ce qu'a déclaré le multi-milliardaire mexicain Carlos Slim, lors d'une conférence d'affaires au Paraguay. Selon lui, il faut prendre en considération le fait que l'espérance de vie augmente considérablement, et doit donc se répercuter sur notre manière de travailler: il faudrait travailler moins, mais plus longtemps. «Les gens vont avoir à travailler davantage d'années, jusqu'à leurs 70 ou 75 ans... L'idéal serait de travailler 11 heures par jour, trois jours par semaine», estime Slim, qui a lui-même 74 ans. L'objectif de ce changement des habitudes: générér une force de travail plus saine et plus productive, tout en abordant les problématiques liées à la longévité. «Avec trois jours de travail par semaine, nous aurions davantage de temps pour nous détendre, et avoir une meilleure qualité de vie. Cela serait également une excellente façon de créer de nouvelles activités de divertissements et de loisirs», explique-t-il. De nouvelles habitudes qu'il essaie déjà personnellement de mettre en place. Dans son entreprise Telmex, Carlos Slim a ouvert un programme volontaire permettant à ses collaborateurs de continuer à travailler et à être payé après la retraite, 4 jours par semaine. En France, plusieurs centaines d'entreprises (dont Fleury Michon, Mamie Nova, etc) pratiquent déjà cette semaine de 4 jours.

« Une question centrale finira par se poser : comment occuper les gens ? » Paul Jorion, chercheur en Sciences sociales.

Dès 1930, l'économiste anglais John Maynard Keynes donnait sa vision prospective du travail un siècle plus tard, dans une œuvre fictive: il disait alors qu'on pourrait se contenter en 2030 de travailler 15 heures par semaine et que l'ennui serait si présent dans le monde professionnel que le principal problème collectif serait de répartir le travail... Une opinion partagée aujourd'hui par le chercheur en Sciences sociales Paul Jorion. Dans un entretien au Figaro, il avait été catégorique en disant que le travail et l'emploi étaient «voués à disparaître». Car en plus des problèmes liés à la longévité du travail, l'homme doit faire face à une «ordinatisation» des métiers, qui sont peu à peu remplacés par des machines. Il y a quelques mois, l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) publiait un document où chercheurs, experts, syndicats, et représentants du patronat se posaient tous une seule et même question: à quoi ressemblera le travail en 2053? Parmi les grands éléments de réponse, on retrouve les propos de Carlos Slim: nous travaillerons plus longtemps mais sur des périodes plus courtes. Parmi les autres tendances liées à l'organisation du travail, un phénomène de disparition massive: la retraite, les chefs et managers, la notion de «bureau» et d'entreprise physique...

VIDÉO - Paul Jorion, chercheur en Sciences sociales, explique pourquoi «le travail disparaît».

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