Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, estime dans un entretien croisé avec son homologue français Michel Sapin que le pacte de responsabilité est «le bon chemin» à emprunter pour sortir de cette crise de confiance. Dans une interview croisée avec son homologue français Michel Sapin aux Echos et au Handelsblatt, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble identifie l'un des principaux problèmes de la France:

la crise de confiance. Le ministre estime que si son pays réussit économiquement par rapport à son voisin, c'est parce que «nous avons réussi quelque chose qui est maintenant décisif en France: nous avons regagné la confiance. Le principal en matière d'économie, c'est la psychologie». Wolfgang Schäuble voit ainsi d'un bon œil la mise en place du pacte de responsabilité par la France qui, «avec ses baisses de charges et d'impôts», est «le bon chemin» à suivre car «il crée une nouvelle confiance. Le climat devient meilleur en France et quand le climat est meilleur, les investissements et la demande privée augmentent».

Michel Sapin confirme de son côté qu'il ne demandera pas à Bruxelles un nouveau délai pour réduire le déficit de la France. «Je ne suis pas là à quémander encore un peu de temps. Ce que je souhaite, c'est que dans le respect de règles européennes, nous puissions trouver avec les autres le bon timing qui nous permette de réduire nos déficits, réduire nos dépenses tout en soutenant la croissance». Le ministre français assure que la France fait des économies «absolument drastiques dans les budgets de l'État, des collectivités locales et de la sécurité sociale» mais il admet qu'il lui reste des efforts à faire pour atteindre le niveau de son homologue allemand:

«le jour où je présenterai un budget à l'équilibre comme Wolfgang, j'apporterai 4 caisses de champagne!» Parmi les autres points abordés dans cet entretien fleuve:

• La candidature de Pierre Moscovici au poste de commissaire européen, en charge des questions économiques «Je ne crois pas que tout le monde ait été content que le président candidat proposé par le Conseil ait dit à la fraction socialiste du Parlement européen qu'il ferait pression pour que cette position soit accordée à un socialiste.

Cela peut être un socialiste ou quelqu'un d'un autre parti», lance, sceptique, Wolfgang Schäuble. «Il est légitime que la France occupe un poste important au sein de la Commission. Un poste économique me paraît correspondre à la puissance économique de la France et à sa capacité à contribuer au bon fonctionnement des institutions européennes», répond Michel Sapin.

• Le projet d'union bancaire «Nous sommes dans la phase finale pour trouver une solution sur la contribution des banques au fonds de résolution. Là aussi nous travaillons à des propositions communes.

Nous sommes sur la bonne voie et allons y arriver», promet le ministre allemand. «Il reste une autre préoccupation, c'est la régulation de tout ce qui est hors-banques, le «shadow banking». Il ne faut pas que la sécurité dans le secteur bancaire mène à plus d'insécurité dans le shadow banking, que les comportements dangereux se déplacent ailleurs au lieu de disparaître», prévient Michel Spain.

• L'évolution de l'euro «Lorsque la politique s'occupe de ces questions, cela n'a jamais conduit à de bons résultats», prévient Wolfgang Schäuble en référence à la demande d'Airbus qui souhaiterait que le cours de l'euro face au dollar soit 10% moins élevé afin que la zone euro retrouve le chemin de la croissance. «Si le président d'Airbus vendait plus d'avions en euros, il se poserait moins la question», tranche Michel Sapin.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :